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	<title>Verités dentaires &#187; relations professionnelles</title>
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	<description>"Notre objectif c’est de vous servir et non nous servir de vous : Nous on peut le faire et on le fera. Qui d'autre ?"</description>
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		<title>LETTRE OUVERTE À M. L&#8217;HERRON APRÈS L&#8217;ÉMISSION DE FRANCE INTER DE NOVEMBRE 2009</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Dec 2009 07:14:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>philippebessis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[relations professionnelles]]></category>
		<category><![CDATA[syndicats dentaires]]></category>

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		<description><![CDATA[
Monsieur le Président, mon cher Confrère,


Pour vous avoir écouté à l’ADF, il y a quelques années, j’ai cru voir en vous un homme de conviction, pugnace, volontaire et rempli d’éloquence.

Lorsque l’on m’a appris que vous interveniez, sur FRANCE INTER, la semaine dernière, et que vous alliez parler au nom de toute la profession, afin de [...]]]></description>
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<p class="MsoNormal">Monsieur le Président, mon<span> </span>cher Confrère,</p>
<p><span id="more-159"></span></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Pour vous avoir écouté à l’ADF, il y a quelques années, j’ai cru voir en vous un homme de conviction, pugnace, volontaire et rempli d’éloquence.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Lorsque l’on m’a appris que vous interveniez, sur FRANCE INTER, la semaine dernière, et que vous alliez parler au nom de toute la profession, afin de démontrer l’incohérence de la loi qui nous impose d’indiquer sur nos notes d’honoraires le coût du laboratoire, j’ai été enthousiaste et j’ai suivi toute l’émission.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Permettez-moi de vous dire que j’ai été déçu, frustré et que je suis resté sur ma faim car aucun des arguments les plus évidents n’a pas été développé par vous. Je pense que vous avez été piégé par vos interlocuteurs et que vous n’avez pas pu ressortir les certitudes qui entourent ce problème malgré votre grande expérience en matière de communication.<span> </span></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Vous êtes resté silencieux alors que l’on développait face à vous les clichés les plus abjectes contre notre profession. Quel gâchis pour nous tous qui espérions tant de vous.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Le syndicaliste représentant les laboratoires de prothèses a sorti les thèses les plus ridicules et populistes en parlant prétendument au nom de nos patients, lui qui n’en soigne aucun et qui ne les voit jamais. Comme s’il avait des leçons à nous donner, il argumentait au nom de nos patients, lui qui vit du travail qu’on lui confie, lui qui n’a aucune obligation de formation continue, lui ni n’a aucune déontologie à respecter, lui qui n’a aucun conseil de l’Ordre, lui qui n’est qu’un commerçant, lui qui n’a qu’un CAP. Vous avez laissé passer les thèses les plus vils sur notre profession sans broncher et sans répliquer sur au moins les points les plus mensongers !</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Je vous retrace le résumé des points que les auditeurs ont pu retenir :</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">« <em>Dentiste au bout de quatre ans d’étude, nous roulons en voiture de luxe parce que l’on revend des prothèses dangereuses pour la santé de la population, faites à l’étranger à bas prix car notre objectif est de faire jouer la planche à billet au détriment de nos patients puisque que l’on applique la culbute des prix en faisant du marketing : ce que l’on achète à 30 € on le revend à 600 € en faisant des marges considérables dont se gavent les brebis galeuses de notre profession. On pose ainsi abusivement des dents dont on tire une marge de 30 à 40 fois le prix d’achat sans que le patient ait droit à une prothèse au moins correcte et sans savoir si le travail a était bien fait. On applique un coefficient multiplicateur de 10 ou de 20 grâce à une fausse traçabilité qui du fait du relargage de métal met en danger la santé du patient au bout de quelques années.</em><span> Pour le syndicaliste des laboratoires,</span><em> il faut faire payer la prothèse directement par le patient au laboratoire car cela se passe ainsi pour les ophtalmologistes qui ne vendent pas les lunettes</em><span> ».</span></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">De grâce, expliquez-nous comment vous avez pu laisser dire toutes ces inepties sans réactions alors que des centaines de milliers d’auditeurs étaient baignés dans la désinformation et que des dizaines voire des centaines de praticiens qui vous écoutaient bouillonnaient d’impatience de vous voir rétablir la vérité ?</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">« <strong><em>Revendeur</em></strong> », « <strong><em>culbute</em></strong> », « <em><strong>marge</strong></em> » : ces arguments sont repris depuis trente ans par les denturologues car en nous classant comme revendeur nous ne serions que des intermédiaires qui ne serviraient<span> </span>à rien sauf à retirer des bénéfices. En jumelant cette allégation avec le paiement direct de la prothèse au prothésiste, nous voyons leur objectif : vendre directement leur appareil au patient. C’est-à-dire faire notre travail sans passer les concours pour obtenir notre diplôme et mettre en danger la santé de nos patients ! Faire de la médecine sans être médecin. Demain, si on poursuivait ce raisonnement incohérent, l’infirmière en fera autant et remplacera le chirurgien !</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Le coup de violon du technicien de laboratoire qui au téléphone fait part de ses souffrances parce qu’il passe des moments sans travail et d’autres où il est submergé par la demande, à cause des chirurgiens-dentistes, et qu’il prend alors des tranquillisants m’a tiré une larme ! Que croit-il que nous vivons d’autres ? Lorsque les patients acceptent nos devis, on travaille. S’ils refusent alors on ne fait rien. On ne peut pas forcer le patient à accepter nos devis, il reste maître de sa décision. La seule différence entre le laboratoire de prothèse et un cabinet dentaire, c’est que nous, chirurgien-dentiste, ne travaillons pas sur du plâtre inerte, sans voix et sans revendication. Nous, on passe notre temps à convaincre, à expliquer, à rassurer un être humain et lorsqu’on n’y arrive pas, on prend sur nous tout le stress que dégage un patient sous tension. Nous ne faisons pas le même travail. Un technicien ne soigne personne d’autre que son plâtre. L’humain, il ne connaît pas sauf quand il établit sa facture. Comment ose t-il alors nous donner des leçons de morale alors que son seul soucis c’est de gagner un maximum d’argent que nous lui versons. Pour nous, l’humain, on vit avec 10 à 12 H par jour. Pourquoi mon laboratoire ne soutient jamais le discours de celui qui prétend parler au nom de toute sa profession ? En ce qui me concerne, si les chinois ou les Suédois font de belles prothèses et si le prix me convient alors pourquoi ne pas les leurs acheter ?</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Il paraît que nous faisons des « culbute » sur les prix et que c’est une bonne chose que d’indiquer le prix du laboratoire sur nos factures. D’accord. Mais pourquoi le laboratoire de prothèse ne fait-il pas la même chose. En utilisant un matériel de quelques centimes d’euros, il revend le produit plusieurs dizaines d’euros. Pourquoi ne pas lui dire qu’il fait une culbute de cent voir de mille. <strong>Pourquoi le laboratoire de prothèse n’indique t-il pas sur sa facture le coût réel du produit acheté </strong><span>? </span><strong>Comment un laboratoire justifie t-il de vendre 90 à 200 € la céramique</strong><span> alors que sa matière première ne vaut presque rien ? Cette simple question mérite d’être posée car elle ne trouve pas de réponse sauf celle de gagner sa vie. Et nous, selon eux, nous devrions faire notre travail sans en tirer profit ? </span></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><strong>Vous savez aussi bien que moi que nos prothèses ont commencé à être fabriquées en Chine depuis la mise en place des tarifs de la CMU. À 150 € une céramique facturée à 375 € et un coût de cabinet de 200 à 300 €/l’heure, il était impossible de faire autrement. Tout le bénéfice revenait alors au laboratoire de prothèses. </strong></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">C’est vrai qu’un technicien a répondu qu’il avait des charges importantes. Nous c’est vrai, on n’en a pas. On ne paye pas de loyer, on ne paye pas de salariés, on ne paye pas l’eau, le téléphone, l’électricité, l’URSSAF, la retraite, l’ASM … A t-il oublié que l’État ne nous offre rien. Sait-il simplement que ma secrétaire et mon assistante me coûtent autant que mon technicien de laboratoire. Pourquoi ne pas mettre ces frais constants dans la note d’honoraires ?</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">J’ai tellement de choses à dire, mais vous connaissez tous nos arguments que vous retrouverez sur notre blog. La prochaine fois, je vous exhorte à être plus coriace et à ne pas laisser déblatérer des mensonges sans réagir. À travers vous, et au-delà de votre syndicat, c’est toute la profession qui est jugée. Nous qui avons choisi la voie syndicale, nous n’avons pas le droit à l’erreur. En vous ayant laissé mener en bateau, en n’étant pas suffisamment préparé, en ne développant pas avec pugnacité nos arguments, vous avez été piégé par de redoutables interlocuteurs qui vendaient leurs arguments habituels. Toute la profession en souffrira. Vous avez une verve habituellement redoutable, mais j’ai ressenti une gêne comme si vous reconnaissiez que votre interlocuteur avait raison. Sachez qu’en ce qui me concerne, je travaille dur pour gagner ma vie et je n’ai aucune honte de tirer profit de mon exercice professionnel.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Il faut déculpabiliser nos confrères et notre profession. <strong>Gagner de l’argent, au-delà de l’éthique professionnelle qui nous guide vers les meilleurs soins dans l’intérêt de nos patients, est une nécessité valorisante</strong><span>. </span></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Il faut asséner ces vérités en utilisant votre éloquence habituelle. Revenez dans le cadre syndical. Défendez la profession comme nous-même la défendons et comme on poursuivra de la défendre y compris face aux obstacles venant de l’intérieur. Avoir un gros syndicat et faire des affaires n’a eu pour conséquence que de vous éloigner de votre base, de nos confrères, de nos problèmes et de la réalité du terrain. Je ne dis pas savoir mieux faire que vous mais j’y mets mon cœur et je le fais bénévolement sans craindre personne et sans objectif personnel.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Pour faire cesser le dénigrement permanent de notre métier, je vous fais donc ouvertement deux propositions : La première porte sur le mensuel CAPITAL qui a, de nouveau, publié un article nauséabond contre notre profession. Faites comme nous, ou mieux, associons nous, tous les syndicats, pour lui répliquer. Prenez les risques que je prendrais au nom de la profession.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">La seconde est que mardi 1er décembre 2009, nous allons nous retrouver autour de la même table à la DGCCRF pour évoquer cette question de note d’honoraires avec le prix du laboratoire. Défendons ensemble, avec cœur et avec force notre profession face à une réglementation aberrante. Demandons simplement, si nous avions l’obligation d’indiquer le montant du laboratoire, de rajouter toutes les charges que nous devons assumer et de faire une liste à la Prévert sur le coût réel de notre travail horaire. Cela permettra, si on nous oblige à afficher les fourchettes de prix de soins, d’indiquer en face le montant réel du soin effectué à perte.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Dans tous les cas, j’inviterais toute la profession à agir de la sorte afin que le prix du laboratoire ne corresponde qu’à la réalité du prix fixé par nous : l’epsilon du tarif évalué par nous. Je donnerais comme consigne aussi d’indiquer le prix moyen d’une céramique en Allemagne, aux Etats-Unis, au Japon, en Suisse, en Espagne, en Italie afin que des comparaisons soient divulguées sur la réalité de nos prix.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><strong>Si le décret nous obligeant à afficher les fourchettes de prix de nos soins et de cinq de nos prothèses n’était pas annulé par le Conseil d’État à la suite de la procédure que <em>DSI</em></strong><span><strong> a engagée, alors je donnerais comme mot d’ordre d’afficher les tarifs des soins des pays ayant le même niveau de vie que nous pour montrer à quel point nous faisons de la mendicité en matière de soin.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Soyons d’accord sur ces deux points et travaillons en commun pour le bien de la profession sans tenter d’en retirer un profit personnel. Bref faisons, main dans la main, du syndicalisme cohérent au service de nos confrères. Si vous aviez avec sincérité cet objectif alors retrouvons nous sur les points qui nous unit : la défense de notre profession face à cette adversité ahurissante que l’on vit depuis notre sortie de faculté.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Dans l’espoir d’une réaction favorable de votre part, je vous prie de croire, Monsieur le Président, mon cher confrère, en l’assurance de mes meilleurs sentiments confraternels.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Rudyard BESSIS</p>
<p class="MsoNormal">Président de <em>DSI</em></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">
<p><!--EndFragment--></p>
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