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NOS ASSISTANTES DENTAIRES : NE PAS TOMBER DE LA COLLABORATION À LA CONFRONTATION
Voici le témoignage d’un confrère ayant subi une telle mésaventure. Nous la relatons en y apportant à la fin nos commentaires.
Chers confrères ,
j’ai une proposition d’action à vous soumettre, suite à une mésaventure qui m’est arrivée.
Savez-vous que face à un membre de notre personnel indélicat, nous n’avons aucun droit.
je vous raconte mon histoire (brièvement) et vous comprendrez là où je veux en venir :
- J’ai deux assistantes. Il y a 4 ans de ça une des 2 me faisait part de son intention de quitter le cabinet , mais ne voulait pas me donner sa lettre de démission, cela a duré plusieurs mois et la qualité de son travail , bien entendu, s’en est ressenti : en fait elle faisait tout pour se faire licencier et c’est allé jusqu’au stade de bâcler la stérilisation. J’ai fait le dos rond en me disant qu’elle finirait bien par démissionner, jusqu’au jour où elle a introduit un embout de lampe à photopolymériser sur lequel persistait des traces de sang, dans la bouche d’un patient. J’ai alors vu rouge et ai pris la décision de la licencier.
- Bien entendu prud’hommes : en première instance on reconnaît le bien fondé de mon action mais on me condamne à verser 225 euros pour une erreur d’écriture sur une fiche de paie et 600 euros au titre de l’article 700. L’assistante fait appel
- Jugement rendu il y a quelques jours (au bout de 4 ans de procédure) licenciement sans cause réelle et sérieuse et me condamne à verser la somme de 13.685 euros. Bon c’est un fait je savais déjà que les salariés ont tout les droits et les patrons uniquement le droit de signer les chèques. Peu importe , ce qui me révolte par contre c’est la forme.
- Il a été fait fi de mon dossier de défense pourtant épais en disant que cela ne mettait pas ne péril l’existence du cabinet. pour ce qui est du problème de stérilisation on m’a rétorqué que comme il n’y avait qu’elle et moi dans le cabinet (donc pas de témoins) on ne pouvait pas vérifier mes allégations et le témoignage de ma 2ème assistante (qui devait passer derrière pour restériliser les instruments ) n’a pas été pris en compte car étant toujours mon employée elle m’était subordonnée et on m’a dit que j’aurais dû envoyer des lettres recommandées avant ; c’est exact.
-Avons-nous le droit (ou le devoir ) de penser d’abord à nous protéger avant de penser à protéger nos patients?
je ne regrette pas ce que j’ai fait et s’il fallait le refaire , je le referais, j’ai la conscience tranquille.
- Mais, avec toutes nos obligations qui augmentent de jour en jour, est-il normal que nous soyons autant démuni juridiquement face à ce genre de situation ou à d’autres, qui j’en suis persuadé a du arriver à d’autres confrères et arrivera certainement encore.
je pense que vous autres, syndicats, pouvez certainement jouer un rôle la dedans et il y a une action évidente (pour moi) à mener. Pensez vous que nous puissions assurer tout ce qu’on demande d’assurer sans l’aide de personnel compétent. N’oublions pas que nous sommes seuls responsables si un moindre problème arrive dans notre cabinet et personne d’autre. Il faut que ça cesse.
Qu’en pensez vous?
Si mon cas peut aider à servir d’autres confrères je serais ravi et je me mets à votre disposition pour toute aide éventuelle
bien confraternellement.
G : Bastia
LETTRE OUVERTE À M. L’HERRON APRÈS L’ÉMISSION DE FRANCE INTER DE NOVEMBRE 2009
Monsieur le Président, mon cher Confrère,
Pour vous avoir écouté à l’ADF, il y a quelques années, j’ai cru voir en vous un homme de conviction, pugnace, volontaire et rempli d’éloquence.
Lorsque l’on m’a appris que vous interveniez, sur FRANCE INTER, la semaine dernière, et que vous alliez parler au nom de toute la profession, afin de démontrer l’incohérence de la loi qui nous impose d’indiquer sur nos notes d’honoraires le coût du laboratoire, j’ai été enthousiaste et j’ai suivi toute l’émission.
Permettez-moi de vous dire que j’ai été déçu, frustré et que je suis resté sur ma faim car aucun des arguments les plus évidents n’a pas été développé par vous. Je pense que vous avez été piégé par vos interlocuteurs et que vous n’avez pas pu ressortir les certitudes qui entourent ce problème malgré votre grande expérience en matière de communication.
Vous êtes resté silencieux alors que l’on développait face à vous les clichés les plus abjectes contre notre profession. Quel gâchis pour nous tous qui espérions tant de vous.
Le syndicaliste représentant les laboratoires de prothèses a sorti les thèses les plus ridicules et populistes en parlant prétendument au nom de nos patients, lui qui n’en soigne aucun et qui ne les voit jamais. Comme s’il avait des leçons à nous donner, il argumentait au nom de nos patients, lui qui vit du travail qu’on lui confie, lui qui n’a aucune obligation de formation continue, lui ni n’a aucune déontologie à respecter, lui qui n’a aucun conseil de l’Ordre, lui qui n’est qu’un commerçant, lui qui n’a qu’un CAP. Vous avez laissé passer les thèses les plus vils sur notre profession sans broncher et sans répliquer sur au moins les points les plus mensongers !
Je vous retrace le résumé des points que les auditeurs ont pu retenir :
« Dentiste au bout de quatre ans d’étude, nous roulons en voiture de luxe parce que l’on revend des prothèses dangereuses pour la santé de la population, faites à l’étranger à bas prix car notre objectif est de faire jouer la planche à billet au détriment de nos patients puisque que l’on applique la culbute des prix en faisant du marketing : ce que l’on achète à 30 € on le revend à 600 € en faisant des marges considérables dont se gavent les brebis galeuses de notre profession. On pose ainsi abusivement des dents dont on tire une marge de 30 à 40 fois le prix d’achat sans que le patient ait droit à une prothèse au moins correcte et sans savoir si le travail a était bien fait. On applique un coefficient multiplicateur de 10 ou de 20 grâce à une fausse traçabilité qui du fait du relargage de métal met en danger la santé du patient au bout de quelques années. Pour le syndicaliste des laboratoires, il faut faire payer la prothèse directement par le patient au laboratoire car cela se passe ainsi pour les ophtalmologistes qui ne vendent pas les lunettes ».
De grâce, expliquez-nous comment vous avez pu laisser dire toutes ces inepties sans réactions alors que des centaines de milliers d’auditeurs étaient baignés dans la désinformation et que des dizaines voire des centaines de praticiens qui vous écoutaient bouillonnaient d’impatience de vous voir rétablir la vérité ?
« Revendeur », « culbute », « marge » : ces arguments sont repris depuis trente ans par les denturologues car en nous classant comme revendeur nous ne serions que des intermédiaires qui ne serviraient à rien sauf à retirer des bénéfices. En jumelant cette allégation avec le paiement direct de la prothèse au prothésiste, nous voyons leur objectif : vendre directement leur appareil au patient. C’est-à-dire faire notre travail sans passer les concours pour obtenir notre diplôme et mettre en danger la santé de nos patients ! Faire de la médecine sans être médecin. Demain, si on poursuivait ce raisonnement incohérent, l’infirmière en fera autant et remplacera le chirurgien !
Le coup de violon du technicien de laboratoire qui au téléphone fait part de ses souffrances parce qu’il passe des moments sans travail et d’autres où il est submergé par la demande, à cause des chirurgiens-dentistes, et qu’il prend alors des tranquillisants m’a tiré une larme ! Que croit-il que nous vivons d’autres ? Lorsque les patients acceptent nos devis, on travaille. S’ils refusent alors on ne fait rien. On ne peut pas forcer le patient à accepter nos devis, il reste maître de sa décision. La seule différence entre le laboratoire de prothèse et un cabinet dentaire, c’est que nous, chirurgien-dentiste, ne travaillons pas sur du plâtre inerte, sans voix et sans revendication. Nous, on passe notre temps à convaincre, à expliquer, à rassurer un être humain et lorsqu’on n’y arrive pas, on prend sur nous tout le stress que dégage un patient sous tension. Nous ne faisons pas le même travail. Un technicien ne soigne personne d’autre que son plâtre. L’humain, il ne connaît pas sauf quand il établit sa facture. Comment ose t-il alors nous donner des leçons de morale alors que son seul soucis c’est de gagner un maximum d’argent que nous lui versons. Pour nous, l’humain, on vit avec 10 à 12 H par jour. Pourquoi mon laboratoire ne soutient jamais le discours de celui qui prétend parler au nom de toute sa profession ? En ce qui me concerne, si les chinois ou les Suédois font de belles prothèses et si le prix me convient alors pourquoi ne pas les leurs acheter ?
Il paraît que nous faisons des « culbute » sur les prix et que c’est une bonne chose que d’indiquer le prix du laboratoire sur nos factures. D’accord. Mais pourquoi le laboratoire de prothèse ne fait-il pas la même chose. En utilisant un matériel de quelques centimes d’euros, il revend le produit plusieurs dizaines d’euros. Pourquoi ne pas lui dire qu’il fait une culbute de cent voir de mille. Pourquoi le laboratoire de prothèse n’indique t-il pas sur sa facture le coût réel du produit acheté ? Comment un laboratoire justifie t-il de vendre 90 à 200 € la céramique alors que sa matière première ne vaut presque rien ? Cette simple question mérite d’être posée car elle ne trouve pas de réponse sauf celle de gagner sa vie. Et nous, selon eux, nous devrions faire notre travail sans en tirer profit ?
Vous savez aussi bien que moi que nos prothèses ont commencé à être fabriquées en Chine depuis la mise en place des tarifs de la CMU. À 150 € une céramique facturée à 375 € et un coût de cabinet de 200 à 300 €/l’heure, il était impossible de faire autrement. Tout le bénéfice revenait alors au laboratoire de prothèses.
C’est vrai qu’un technicien a répondu qu’il avait des charges importantes. Nous c’est vrai, on n’en a pas. On ne paye pas de loyer, on ne paye pas de salariés, on ne paye pas l’eau, le téléphone, l’électricité, l’URSSAF, la retraite, l’ASM … A t-il oublié que l’État ne nous offre rien. Sait-il simplement que ma secrétaire et mon assistante me coûtent autant que mon technicien de laboratoire. Pourquoi ne pas mettre ces frais constants dans la note d’honoraires ?
J’ai tellement de choses à dire, mais vous connaissez tous nos arguments que vous retrouverez sur notre blog. La prochaine fois, je vous exhorte à être plus coriace et à ne pas laisser déblatérer des mensonges sans réagir. À travers vous, et au-delà de votre syndicat, c’est toute la profession qui est jugée. Nous qui avons choisi la voie syndicale, nous n’avons pas le droit à l’erreur. En vous ayant laissé mener en bateau, en n’étant pas suffisamment préparé, en ne développant pas avec pugnacité nos arguments, vous avez été piégé par de redoutables interlocuteurs qui vendaient leurs arguments habituels. Toute la profession en souffrira. Vous avez une verve habituellement redoutable, mais j’ai ressenti une gêne comme si vous reconnaissiez que votre interlocuteur avait raison. Sachez qu’en ce qui me concerne, je travaille dur pour gagner ma vie et je n’ai aucune honte de tirer profit de mon exercice professionnel.
Il faut déculpabiliser nos confrères et notre profession. Gagner de l’argent, au-delà de l’éthique professionnelle qui nous guide vers les meilleurs soins dans l’intérêt de nos patients, est une nécessité valorisante.
Il faut asséner ces vérités en utilisant votre éloquence habituelle. Revenez dans le cadre syndical. Défendez la profession comme nous-même la défendons et comme on poursuivra de la défendre y compris face aux obstacles venant de l’intérieur. Avoir un gros syndicat et faire des affaires n’a eu pour conséquence que de vous éloigner de votre base, de nos confrères, de nos problèmes et de la réalité du terrain. Je ne dis pas savoir mieux faire que vous mais j’y mets mon cœur et je le fais bénévolement sans craindre personne et sans objectif personnel.
Pour faire cesser le dénigrement permanent de notre métier, je vous fais donc ouvertement deux propositions : La première porte sur le mensuel CAPITAL qui a, de nouveau, publié un article nauséabond contre notre profession. Faites comme nous, ou mieux, associons nous, tous les syndicats, pour lui répliquer. Prenez les risques que je prendrais au nom de la profession.
La seconde est que mardi 1er décembre 2009, nous allons nous retrouver autour de la même table à la DGCCRF pour évoquer cette question de note d’honoraires avec le prix du laboratoire. Défendons ensemble, avec cœur et avec force notre profession face à une réglementation aberrante. Demandons simplement, si nous avions l’obligation d’indiquer le montant du laboratoire, de rajouter toutes les charges que nous devons assumer et de faire une liste à la Prévert sur le coût réel de notre travail horaire. Cela permettra, si on nous oblige à afficher les fourchettes de prix de soins, d’indiquer en face le montant réel du soin effectué à perte.
Dans tous les cas, j’inviterais toute la profession à agir de la sorte afin que le prix du laboratoire ne corresponde qu’à la réalité du prix fixé par nous : l’epsilon du tarif évalué par nous. Je donnerais comme consigne aussi d’indiquer le prix moyen d’une céramique en Allemagne, aux Etats-Unis, au Japon, en Suisse, en Espagne, en Italie afin que des comparaisons soient divulguées sur la réalité de nos prix.
Si le décret nous obligeant à afficher les fourchettes de prix de nos soins et de cinq de nos prothèses n’était pas annulé par le Conseil d’État à la suite de la procédure que DSI a engagée, alors je donnerais comme mot d’ordre d’afficher les tarifs des soins des pays ayant le même niveau de vie que nous pour montrer à quel point nous faisons de la mendicité en matière de soin.
Soyons d’accord sur ces deux points et travaillons en commun pour le bien de la profession sans tenter d’en retirer un profit personnel. Bref faisons, main dans la main, du syndicalisme cohérent au service de nos confrères. Si vous aviez avec sincérité cet objectif alors retrouvons nous sur les points qui nous unit : la défense de notre profession face à cette adversité ahurissante que l’on vit depuis notre sortie de faculté.
Dans l’espoir d’une réaction favorable de votre part, je vous prie de croire, Monsieur le Président, mon cher confrère, en l’assurance de mes meilleurs sentiments confraternels.
Rudyard BESSIS
Président de DSI
L’INTÉGRALITÉ DE L’ÉMISSION DE FRANCE INTER SUR LES PROTHÈSES DENTAIRES NOVEMBRE 2009
ANIMATRICE (Isabelle Giordano) :
Bonjour à tous et bienvenue dans « service public »,
Avez-vous l’intention d’aller chez le dentiste prochainement ? Sachez qu’il y a du nouveau depuis peu, une nouvelle réglementation est entrée en vigueur, on vous doit désormais une totale transparence.
Obligation est faite au praticien d’avouer (SIC) à leurs patients le prix d’achats et la provenance des prothèses après 25 ans de lutte (SIC), les sages ont tranché suite à une revue professionnelle alors autant vous dire que cette mesure été très très attendue mais elle ne fait pas l’unanimité.
On va essayer de comprendre pourquoi ? Le but pourtant est très simple informer, défendre, protéger les patients sur l’origine et la qualité des prothèses dentaires (SIC, SIC et RESIC).
Elles sont fabriquées, c’est vrai, parfois à l’étranger, par exemple au Maroc ou encore en Chine alors visiblement certains traînent un petit peu les pieds (sic) pour appliquer cette nouvelle loi, on va essayer donc de comprendre les raisons des uns et des autres.
Mais pour démarrer, écoutez bien, je suis sûre que vous allez reconnaître ce bruit…
UN PROTHÉSISTE INCONNU :
« Poser abusivement des dents (SIC) ou poser des dents sur lesquelles on fait 40 fois ou 30 fois la marge (SIC), est-ce que c’est honnête (SIC) ? À mon goût non, sans blague, à mon goût non j’y peux rien et là je peux le dire donc je le dis, mais il y a quand même un gros soucis… »
JOURNALISTE (Thomas Chovinot) :
« Et ça vous soulage, on dirait ? »
UN PROTHÉSISTE INCONNNU :
« Ah oui mais vraiment, c’est clair que ça me soulage, bien entendu que ça me soulage parce que si tout se passait bien dans un pays comme la France où les Français auraient au moins le droit à de la prothèse correcte (SIC) ».
JOURNALISTE (Thomas Chovinot) :
« Là, qu’est ce que vous faîtes ? »
LE PROTHÉSISTE INCONNNU :
« Là,je gratte une base métallique qui va me servir de base à réaliser un bridge. »
ANIMATRICE (Isabelle) :
Voilà un petit bruit de roulette à 10h09 pour démarrer la journée.
Cette personne que vous venez d’entendre est prothésiste, nous allons l’entendre dans l’intégralité, c’est le reportage de Thomas Chovinot, vous l’entendrez dans quelques instants. Je voudrai d’abord vous présenter mes invités, ils sont 3 autour de table de « service public » pour essayer de mieux comprendre les enjeux de cette nouvelle réglementation.
Tout d’abord, une journaliste Florence IMBERT :
FLORENCE IMBERT :
-Bonjour,
ANIMATRICE (Isabelle) :
-Bonjour, vous faites partie du journal « Que choisir ? », un journal que nous invitons régulièrement ici à ce micro, et vous êtes l’auteur d’un article sur les couronnes, sur les bridges, sur les implants et surtout sur ce métier prothésiste dentaire, relation aussi parfois difficile avec les dentistes et une question : Faut-il avoir peur des prothèses dentaires fabriquées en Chine ? Vous faites partie d’ailleurs de ce qui ont été les premiers à réaliser des tests sur des prothèses fabriquées à l’étranger, donc on essayera de comprendre si les prothèses fabriquées à l’étranger notamment en Chine sont susceptibles d’être dangereuses ou pas ?
2éme invité, Rolland L’HERRON :
- Bonjour,
ANIMATRICE (Isabelle) :
-Bonjour, vous êtes praticien Je me disais, on a démarré par un petit sourire mais vous même vous me l’avez dit vous êtes dentiste à Morley dans le Finistère. Président surtout de la Confédération Nationale des Syndicats Dentaires.
Vous allez pouvoir nous expliquer ce que vous pensez de cette nouvelle loi. J’ai l’impression que vous n’êtes pas tout à fait d’accord avec cette réglementation.
Je précise quand même pour les auditeurs que c’est une nouvelle disposition qui fait partie de la loi BACHELOT : Hôpital, Patient, Santé, Territoire. (HPST)
3éme invité, Alain GUILLAUME
ANIMATRICE (Isabelle) :
- vous nous avez alerté et vous êtes auditeur de France Inter. Vous faites partie d’une revue professionnelle et vous êtes le Directeur de la publication de la revue « Technologie dentaire »
- Bonjour,
Alain GUILLAUME :
-Bonjour Isabelle
ANIMATRICE (Isabelle) :
Et merci de nous avoir alerter donc sur ce sujet qui est très intéressant puisqu’il concerne la plupart des gens qui vont chez le dentiste. Nouvelle loi, pour essayer de comprendre je donne la parole en premier à Rolland L’HERRON, Est ce que vous pourriez nous dire quelle était votre première réaction quand la loi est passée ?
Rolland L’HERRON :
-Bien notre première réaction était évidemment de ne pas être très satisfait, dans la mesure où c’est une discrimination quand même assez importante en matière de transparence des coûts. On a déjà mis en place depuis longtemps un tas d’éléments qui vont dans ce sens…
ANIMATRICE (Isabelle) :
- Il y a d’autres professions quand même à qui on demande une totale transparence ? et puis c’est bien pour nous, patient, de savoir un petit peu voilà quand même quand on achète un produit savoir d’où ça vient, savoir le détail, comment c’est fabriqué, pourquoi ça coûte tel prix…
Rolland L’HERRON :
- Bien, quand vous venez chez le chirurgien-dentiste, actuellement, vous avez plus la possibilité, si vous avez pas de chirurgien-dentiste attitré, vous pouvez déjà aller sur le site Amélie.fr de la sécurité sociale qui va vous donner les fourchettes de prix par praticien… Après ça, quand vous entrez dans le cabinet, vous avez une information, une de plus qui est faite depuis février 2009, puisque l’on a l’obligation d’afficher dans la salle d’attente les honoraires des actes, y compris les actes qui donnent lieu à un complément d’honoraires, puisque vous savez que la prothèse dentaire est à tarif libre non-opposable. Puis après, depuis très longtemps, depuis 1978, depuis 21 ans le devis conventionnel est obligatoire, c’est à dire qu’aucun chirurgien-dentiste ne vous réalise une prothèse sans vous avoir fait au préalable un devis qui précise le montant, la base de remboursement de la sécurité sociale, donc vous avez disposé tous les éléments.
ANIMATRICE (Isabelle) :
- Alain Guillaume, on peut dire qu’aujourd’hui avec cette nouvelle disposition réglementaire, le devit va être encore plus clair pour le patient, pourquoi vous vous êtes battu ? enfin pourquoi l’ensemble des prothésistes se sont battu pendant prés de 20 ans pour faire appliquer cette loi ?
Alain GUILLAUME :
- En fait, depuis 25 ans environ, on a assisté en France à la recrudescence d’importation de prothèses dentaires qui mettait en compétition, finalement, des laboratoires Français qui payent leurs charges, qui ont des coûts importants, qui financent la sécurité sociale comme tout le monde face à des laboratoires basés à l’étranger, dans des pays émergents, qui eux, n’étaient pas soumis à ces charges et qui finalement, ont provoqué une concurrence difficile à supporter.
Quand on sait que les prothèses importées de ces pays là, étaient quelquefois, au tiers de celles que l’on trouve en France.
Les prothésistes étaient un peu sous pression et n’arrivaient pas à faire entendre que 1/ c’était des dispositifs qui étaient remboursés par la sécurité sociale et que la moindre des choses c’était au moins de participer sur l’achat des prothèses au financement de la sécurité sociale et que 2/ ça allait tuer le métier en France.
Depuis 1994, une directive européenne est arrivée instaurant l’obligation pour tous les laboratoires en Europe, d’utiliser des matériaux conformes à ces directives, donc qui respectent les exigences essentielles de sécurité qui garantissent au patient, une santé, une sécurité importante.
À partir de ce moment-là, les prothésistes en Europe ont été obligés d’utiliser des matériaux marque et CE.
Le marquage CE est une sorte de conformité donnée par des organismes notifiés européens et qui garantit que ces produits sont conformes aux normes en vigueur, ou si il n’y a pas de normes, qui sont conformes aux attentes de leur utilisation.
Donc à partir de ce moment-là, les prothésistes dentaires ont été reconnu comme fabriquant de dispositifs médicaux sur mesure et devaient se plier à des règles de traçabilité, de conformité et de matériaux vigilances sous la responsabilité du dentiste qui est le garant de cette conformité des produits.
ANIMATRICE (Isabelle) :
- Donc pour vous, cette loi elle est juste et justifiée ? On comprend bien qu’elle s’applique à la fois à l’origine des prothèses et également aux prix.Je vois que beaucoup de gens veulent prendre la parole je vous en cite quelques un : Jean pierre par exemple, je suis prothésiste retraité et je peux vous dire que nous nous sommes toujours battu pour que la facture des prothèses soit la plus claire et la plus transparente possible. »
Jacqueline également auditrice de France Inter, nous dit : Je vais bientôt me faire faire un implant et je ne comprends pas pourquoi c’est si cher ? »
On abordera tous ces problèmes dans un petit instant mais pour continuer d’y voir plus clair et surtout pour comprendre l’ensemble des problèmes, je vous propose d’écouter le point de vue d’un prothésiste que nous avons rencontré dans son laboratoire, c’est Thomas Chovinot donc qui est l’auteur de ce reportage, un prothésiste qui a tenu à rester anonyme donc là aussi ça nous permet de comprendre un peu les enjeux du problème posé ce matin. Je vous propose de l’écouter.
UN PROTHÉSISTE INCONNU :
- «On travaille à partir d’une empreinte que le dentiste a prit après avoir traiter la dent, l’empreinte est écoulée en plâtre et après une fois que l’on a donc notre base en métal, on émaille le métal, c’est à dire qu’on recouvre le métal de céramique, comme ici…
Thomas CHOVINOT :
- Combien ça prend de temps à faire une dent ?
UN PROTHÉSISTE INCONNU :
- Sans compter les temps morts parce qu’il y a beaucoup de cuissons en main d’œuvre une céramique, c’est 2 heures de travail, quand on est bien rodé avec 10 ans d’expériences et c’est 2 heures de travail.
Thomas CHOVINOT :
- Vous en faites combien par jour ?
UN PROTÉSISTE INCONNU :
- J’en fais entre 5 et 10.
Thomas CHOVINOT :
- Et la dent que vous fabriquez combien vous la revendez au praticien avec lequel vous travaillez ?
UN PROTHÉSISTE INCONNU :
- Entre 100 et 250, ça dépend des matériaux utilisés, de la complexité du cas et de la qualité demandée mais bon les tarifs c’est entre 100 et 250.
Thomas CHOVINOT :
- Et eux vous savez ensuite combien ils les revendent ?
UN PROTHÉSISTE INCONNU :
- Mes praticiens à moi honnêtement je ne sais pas et les prix pratiqués à Paris c’est entre 600 et 2000, c’est la loi de l’offre et de la demande.
Thomas CHOVINOT :
- Quand même entre une dent que vous vendez au maximum 250 et qui est réimplantée à 2000, il y a un delta qui me paraît très conséquent là ?
UN PROTHÉSISTE INCONNU :
- Ils sont Docteurs en chirurgie dentaire…
Thomas CHOVINOT :
- Vous dites ça avec un sourire amusé ?
UN PROTHÉSISTE INCONNU :
- Le gros problème c’est qu’il y a des gens qui vendent cher qui font encore plus de delta que ce que vous décrivez parce que l’on pourrait très bien trouver des céramiques à 30 euros et les revendre 1000 euros et on ne sait pas si le travail en amont du praticien été bien fait ou en tout cas représente le tarif demandé donc le gros problème c’est que pour être sûr d’en avoir pour son argent, il n’y a pas de moyens. Quand vous achetez n’importe quoi, il est marqué « made in quelque chose… », là vous savez pas si votre praticien fait faire sa prothèse ici , au Maroc, en Chine ou à Madagascar vous ne savez pas s’il l’achète 250, 100 ou 30 euros et pourtant il peut vous la poser au même tarif ; oui il y a quand même une opacité certaine pour un milieu médical, je trouve que ça m’a toujours énormément travaillé.
Thomas CHOVINOT :
- Est ce qu’il y a une différence entre la prothèse qui vient de Chine et celle qui viendrait du Maroc ? et celles que vous fabriquez vous en France ?
UN PROTHÉSISTE INCONNU :
- Je vous dit entre 100 et 250 et une prothèse « made in étranger » c’est entre 15 et 50 euros donc forcément il y a un delta sur les matériaux employés, à mon avis c’est une fausse polémique parce que les matériaux sont quasiment les mêmes, la main d’œuvre dans tous les CPI est moins chère, un chinois n’est pas moins doué qu’un Français faut pas rêver, je veux dire ils travaillaient l’ivoire il y a 3000 ans avec des instruments grossiers, ils faisaient des chefs d’œuvres donc ça ce n’est pas le problème, le problème c’est plus la sécurité rembourse ou les mutuelles remboursent un produit qui n’est pas fabriqué en France donc qu’il ne dégage aucune charge sociale en France ni de TVA est-ce que c’est normal ?
Ça me choque qu’il y ait une opacité et on peut être très fier de dire mon labo il est là, bah moi il m’arrive régulièrement de recevoir des patients pour prendre des photos etc… Voilà, les patients reviennent quand ils sont contents ou ne reviennent pas mais en tout cas il y a un vrai contact, ils savent où s’est fait, ils savent de quelle manière s’est fait. On y passe du temps, il y a un vrai suivi et il y a une vraie qualité et tant qu’ils ne sont pas satisfaits on recommence, c’est pas avec de la prothèse chinoise que ça sera fait.
Thomas CHOVINOT :
- Donc finalement cette loi, vous trouvez que c’est bien ?
UN PROTHÉSISTE INCONNU :
- ça m’étonnerait honnêtement qu’il y ai beaucoup de praticiens qui disent « Ecoutez, voilà, moi mon tarif c’est 1000 euros et ma céramique je la fais faire en Chine ».
A mon avis, ça m’étonnerait qu’ils le disent, donc là ils seront peut-être obligé de le dire, non, ils sont normalement obligés de le dire, est-ce qu’ils le feront ? j’en sais rien, mais au moins le patient à les moyens de s’informer et moi je trouve ça plutôt bien, mais encore une fois, c’est le business du dentaire qui est comme ça, c’est un business, c’est pas de la santé, c’est pas le médecin, on parle clientèle, on parle pas patientèle, on parle de chiffre d’affaires, taux horaires et on parle plus de ça que du reste. C’est comme ça… C’est triste à dire mais ça se dit pas…
Thomas CHOVINOT :
- Oui mais c’est ce que vous avez dit là ?
UN PROTHÉSISTE INCONNU :
- Oui mais c’est parce que j’en crève d’envie depuis des années, je suis désolé d’être abrute mais le but c’est de faire du pognon, c’est réellement ça pour tout le monde, mais à la base quand un dentiste a la possibilité en 2h30 de travail de faire 1000 euros de chiffre d’affaires moins le prix de la prothèse, ça commence à faire quand même de l’argent, donc eux, plus ils bossent, plus ils en posent, plus ils gagnent. Il y a peu de personnes qui restent vertueuses dans ces cas là, enfin en même temps c’est humain mais le gros problème c’est qu’on est déconnecté de la santé, ce n’est plus de la santé, ça devient du business.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Ce n’est plus de la santé, c’est du business, beaucoup de choses se sont dites dans ce reportage, vous allez tous pouvoir répondre que vous soyez journaliste à « Que Choisir », représentant des dentistes ou des prothésistes dentaires, on commence par qui ?
Roland L’herron,Je vous ai vu bouillonné, vous étiez entrain de sauter sur votre chaise pendant tout le reportage…
Rolland L’HERRON :
- Ils se sont mis en cause un peu quand même, enfin un peu beaucoup, si j’ai bien compris, ce monsieur qui a eu quand même longtemps la parole est prothésiste dentaire. Je suis bien étonné de l’idée qu’il se fait des chirurgiens-dentistes, je peux vous dire que si vous interrogez les miennes, elles se font certaines pas la même idée.
Premièrement, il parle de vendre la prothèse, ça c’est l’idée qu’on essaie de faire passer. Un chirurgien-dentiste ne vend pas de la prothèse, il réalise un acte médical, si vous allez chez le chirurgien-dentiste, vous allez bien voir, il y a un diagnostic qui est effectué, il y a une empreinte qui est effectuée, quand on taille une dent, ça demande beaucoup de dextérité, ça demande beaucoup d’efforts, ça demande d’avoir fait des études, d’avoir une conscience de ce qu’on fait.
ANIMATRICE (Isabelle)
- Tout travail mérite salaire bien sûr, mais est-ce que des marges où on multiplie effectivement comme on l’a entendu par 10 ou par 20 le prix d’une prothèse, est-ce que cela est vérifié ?
Rolland L’HERRON :
- Mais c’est complètement faux, on ne multiplie pas par 10 ou par 20, ça peut arriver, je n’en sais rien, surtout à Paris, peut-être, j’en sais rien, mais toujours est-il que la plupart des gens ne multiplient pas en plus l’honoraire ne s’établie pas par un coefficient multiplicateur, ça n’est pas arithmétique de cette façon là.
ANIMATRICE (Isabelle)
- Mais donc si vous n’avez pas de problème avec vos marges, pourquoi ne pas accepter cette transparence ?
Rolland L’HERRON :
- Mais cette transparence, je crois qu’on mélange beaucoup de choses, on parle donc de transparence de quoi ? on vous parlait de transparence des coûts. La loi vient de décider après avoir beaucoup tergiverser là-dessus, d’ailleurs entre le sénat et l’assemblée nationale, que nous serons la seule profession qui devra marquer le prix d’achat de la prothèse. Autrement dit, c’est comme – ci vous alliez au café ou à la boulangerie…
Alain GUILLAUME :
Tous les praticiens qui posent ou qui prescrivent des dispositifs médicaux, sont soumis à la même loi, vous n’êtes pas boulanger, vous n’êtes pas cafetier, enfin je ne sais pas, il ne faut pas confondre les choses…
Rolland l’HERRON :
Exactement, mais n’empêche que nous sommes la première profession qui va devoir faire ça.
Florence IMBERT :
- Tous les dispositifs médicaux inscrits à l’ANPP, les praticiens doivent préciser le prix par exemple pour une prothèse de hanche, le chirurgien précise le prix pour l’achat de la prothèse.Même chez les chirurgiens-dentistes, il y a beaucoup de chirurgiens-dentistes qui indiquent le prix pour les implants sur leur facture, alors pourquoi pas pour les couronnes dentaires ??
Roland L’HERRON :
- De là à mélanger tout ça avec ce qui vient de Chine. Si je comprends bien, quel est le but de l’opération ? Si c’est d’informer encore davantage le patient, nous sommes tous disposés à le faire, nous sommes très légalistes et nous allons le faire, mais ceci étant, je ne suis pas sûr que ce soit la vrai raison. La vrai raison c’est que, enfin tout au moins le prétexte qui est pris, c’est la prothèse en Chine. Les prothésistes, apparemment, si j’ai bien compris le raisonnement, se disent que lorsque le chirurgien-dentiste va donner le coût d’achat de sa prothèse, et bien le patient va se rendre compte que sa prothèse il l’a fait faire soit en France, soit en Chine, mais il ne faut pas mélanger les histoires de coûts et de transparence de sécurité sanitaire.
ANIMATRICE (Isabelle)
Alain Guillaume, est-ce que vous pensez que ce qui est dit dans ce reportage représente bien l’opinion de la plupart des prothésistes en France ?
Alain GUILLAUME :
Oui complètement, on a parlé de deux choses : il y a eu le coefficient multiplicateur, je ne sais pas comment ça se pratique à Morley mais en tout cas à Paris tout le monde le sait, les praticiens appliquent le coefficient multiplicateur surtout parce qu’ils invoquent une raison fiscale.
ANIMATRICE (Isabelle)
Pour nos auditeurs, quand vous parlez de coefficient multiplicateur, vous parlez donc de marges ?
Alain GUILLAUME :
En fait, ils achètent une prothèses 10 et ils la revendent fois 6 par exemple.
S’il y a un petit supplément pour mettre du métal précieux, ce qui est préférable, ils vont multiplier donc les 20 euros supplémentaires de métal précieux par 6 ou 7 encore. Donc c’est comme ça que ça passe. Donc il y a une pratique de ces coefficients multiplicateurs mais ce n’est peut être pas général….mais il y en a certains qui le pratiquent.
ANIMATRICE (Isabelle)
Donc il est heureux que désormais les patients soient au courant du coefficient multiplicateur qui va être appliqué ?
Alain GUILLAUME :
Le laboratoire qui a été interviewé dit que ce n’est pas grave qu’elle vienne de Chine parce que finalement ils utilisent tous les mêmes matériaux.
Et bien c’est complètement faux. Alors là, c’est une erreur grossière, au-delà de nos frontières, on est pas sûr de la conformité des matériaux. Je vais vous expliquer une chose en Chine, ce qui coûte cher, ce n’est pas la main d’œuvre, ce sont les produits. La main d’œuvre c’est pinups.
Donc finalement quand un industriel de la prothèse, (parce que ce ne sont pas des prothésistes qui tiennent les laboratoires en Chine, ce sont des gros financiers) décide d’attaquer un marché, il faut qu’il se positionne. Qu’est-ce qu’il va faire ? Sur quoi il va réduire ses coûts ?si il va les réduire pour rentrer dans un marché ?
ANIMATRICE (Isabelle)
Justement on va prendre tout de suite le coût de « Que Choisir », quels ont été les résultats de ce test réalisé sur ces prothèses venues de Chine ? Faut-il craindre les prothèses venues de Chine ?
Florence IMBERT :
Le premier problème de ces prothèses, c’est qu’il n’y a aucune traçabilité, toutes les fiches de traçabilité étaient complètement fausses, donc c’est quand même assez dangereux pour le patient.
ANIMATRICE (Isabelle)
Donc on revient sur ce qui a été dit ?
Alain GUILLAUME :
Le nickel est quand même un métal qui est interdit en bijouterie et qui est interdit dans certains pays d’Europe.
Florence IMBERT :
Deuxième remarque quand même, par rapport aux prothèses françaises, les prothèses étrangères sont moins soignées sur le plan esthétique , réalisation…
Encore que quand même, il faut mettre un petit bémol, les prothèses hautes gammes chinoises d’Asie sont quand même tout à fait correctes, mais ce qui n’est pas normal c’est que le patient ne connaissant pas le prix de la prothèse,pourquoi est ce que si on lui pose une prothèse chinoise à 30 euros ? il a le droit de savoir parce que finalement ça doit se répercuter sur le prix final.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Et bien souvent une prothèse Chinoise est revendue au même prix qu’une prothèse Française ?
Florence IMBERT :
C’est intéressant de savoir si la prothèse a été acheté 30 euros ou 150 euros ?
ANIMATRICE (Isabelle) :
Et bien sûr si elle vient de Chine ou pas ?avec des matériaux dont on ne connaît pas la traçabilité ?
Alain GUILLAUME :
La conformité des matériaux, on va dire « oui c’est pas grave, il n’y a jamais eu de mort ». Vous utilisez un mauvais produit, en bijouterie ça se voit tout de suite sur la peau, ça marque. Quand c’est dans la bouche et bien ça va être ingurgité pendant des années et des années et c’est au bout de 10 ans, 15 ans, 20 ans, qu’on va retrouver des produits toxiques, des déchets, des relargasions dans les reins, dans le foie.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Vous êtes d’accord Florence IMBERT, vous qui avez réalisés ces tests qui les avaient supervisé du moins ?
Florence IMBERT :
oui, évidemment il y a des risques de relargage mais ceci dit les prothèses françaises malgré leur traçabilité n’étaient pas indemne de plomb.
Rolland L’HERRON :
Vous êtes basé dans votre étude sur les quantités admises en matière de jouets. Hors en matière de céramique dentaire, c’est pas du tout les mêmes. Il y a eu une réunion des fabricants avec la norme DIN ???? il y a à peu près un an, je crois que c’était en Suède ou en Finlande et ils ont essayé de déterminer suite à ces allégations de plomb dans les prothèses, quelle était la limite acceptable. D’après ce qu’ils ont calculé, c’est 300 PPM dont 300 parts par millions dans la céramique, hors les céramiques que vous avez examinées, les céramiques françaises étaient en dessous de ce seuil.
Monsieur Guillaume, si je suis votre raisonnement. Vous nous avez dit tout à l’heure que l’on utilise un coefficient multiplicateur, donc si je comprends bien, le patient aura intérêt à ce que sa prothèse ai les mêmes garanties parce que se sont les mêmes obligations de garantie contrairement à ce que vous dites parce que c’est l’importateur qui lui assure la garantie. Et bien dans ce cas là, si une prothèse, une céramique « achetée » 150euros…
ANIMATRICE (Isabelle) :
Le prix et la qualité des prothèses dentaires, ce sont donc les deux sujets dont nous parlons ce matin et vous l’entendez, nos 3 invités ne sont pas forcément d’accord.
On va essayer de poursuivre cette conversation sereinement jusqu’à 11h.
Je vous le disais nos éditeurs sont très réactifs ce matin à notre sujet. Nous parlons des cabinets de dentistes et de l’affichage des prix des prothèses dentaires.
Tout de suite en ligne, Jacqueline qui nous appelle de Rueil-Malmaison.
AUDITRICE (Jacqueline) :
Oui bonjour, et bien justement je suis allée voir le chirurgien-dentiste qui m’a donné d’ailleurs, c’est vrai, un devis où c’est marqué simplement pour l’implant, j’en ai déjà pour 1000 euros et le dentiste m’a dit que ça va me coûter en tout 3500 euros.
Alors c’est bien je comprend mais je trouve que c’est très cher quand même
ANIMATRICE (Isabelle) :
Est-ce que vous avez essayé de comprendre pourquoi c’était si cher ? Est-ce que votre chirurgien dentiste vous a expliqué ?
AUDITRICE (Jacqueline) :
Non, il ne m’a pas expliqué, il m’a seulement dit que c’était une prothèse suédoise, donc ce n’était pas une prothèse chinoise, en tous les cas il n’ y a pas de remboursement de la sécurité sociale, actes hors nomenclature…
ANIMATRICE (Isabelle) :
Le problème des remboursements est souvent posé par nos auditeurs, on va pas avoir le temps d’en parler aujourd’hui…
On va tout de suite vous répondre sur l’origine suédoise, je ne sais pas si Florence IMBERT de « Que Choisir » a mené son enquête sur les prothèses suédoises.
Florence IMBERT :
Mais là il était question d’implant et non pas de couronne.
En fait c’était des couronnes françaises ou alors d’origine Asie, pays du Maghreb ou Madagascar.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Suédoise, il faut se méfier ou pas d’après vous ?
Alain GUILLAUME :
Non pas du tout.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Sur la transparence, Jacqueline était donc face à son chirurgien-dentiste, ça nous permet de poser le problème actuel, est-ce que les chirurgiens-dentistes aujourd’hui appliquent ce nouveau décret ? Je pose la question à vous deux, Alain Guillaume et Rolland L’herron.
Alain GUILLAUME :
Apparemment non, parce que le prix qui a été donné à la patiente, de 1000 euros, c’est la pose de l’implant y compris la fourniture de l’implant. L’implant coûte environ 250 euros à lui.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Est-ce que les dentistes aujourd’hui appliquent cette nouvelle réglementation ?
Rolland L’HERRON :
Cette nouvelle réglementation, cette nouvelle loi, qui vient d’être votée, doit faire l’objet d’un décret d’application. Le texte le dit clairement.
Alain GUILLAUME :
Nan c’est faut.
Florence IMBERT :
Mais le Ministère de la Santé répond que non…
Rolland L’HERRON :
Le Ministère de la Santé nous dit dans cet article de loi, il y a deux choses : la transparence du coût c’est-à-dire le prix d’achat de la prothèse, qui lui est applicable tout de suite et en revanche la déclaration de conformité ne peut pas être appliquée tout de suite dans l’esprit de la loi, en tout cas pour le moment, puisqu’elle doit faire l’objet d’une transposition européenne et la date limite de transposition pour la France c’est le 23 mars 2010. Donc là, le Ministère dit qu’il y aura bien un décret pour cette partie.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Donc pour toute personne qui à partir de maintenant va chez son dentiste ne peut pas exiger cette transparence sur les prix ?
Rolland L’HERRON :
Pour ce qui concerne la traçabilité, puisque c’est bien ça qui intéresse les gens, c’est de savoir s’il y a une certaine sécurité quand ils vont chez le chirurgien-dentiste, depuis 1999, dés que la directive européenne est sortie, nous avons mis en place notre syndicat, le conseil de l’ordre également, enfin notre syndicat, une fiche de traçabilité, cette fiche navette de traçabilité elle existe entre le laboratoire et le chirurgien-dentiste. Il suffit que le patient nous la demande pour le moment pour qu’on lui la remette.
ANIMATRICE (Isabelle) :
On va passer la parole à Henry
AUDITEUR (Henry)
Donc c’était pour dire au niveau des implants, par rapport à la dame qui a parlé tout à l’heure, moi je me suis fait posé 9 implants, et je me les suis fait posé à l’hôpital intercommunal de Créteil, donc le coût c’est moins de 400 euros par implant et j’ai payé directement la partie métale, enfin l’implant en lui-même, à la société qui s’appelle ANTHOGYR, qui est à Sallanches en Savoie. Donc là, c’était très clair, je savais combien je payais au chirurgien et combien je payais au fabricant de l’implant.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Henry, c’est une manière de nous dire lorsque l’on va à l’hopital effectivement la tarification est beaucoup plus claire.
AUDITEUR (Henry)
c’est très clair, après je vais chez mon dentiste que je connais depuis 30 ans, et lui me dit maintenant il faut mettre des prothèses. Alors là, on est dans le noir le plus complet, il me dit ça sera à peu près tant par prothèse, je ne peux pas savoir l’origine de la prothèse, je ne connais pas le coût de la prothèse et je ne connais pas le coût de son acte. Voilà, donc moi je dis pourquoi on ne pourrait pas continuer le même principe qu’à l’hôpital et directement payé au prothésiste et non pas avoir un forfait comme ça.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Je vous remercie de votre intervention, Henry, très intéressant effectivement de comparer l’hôpital public avec les actes privés.
J’en profite aussi pour citer ce témoignage d’auditeur Patrick nous dit « mon dentiste double le prix des prothèses, je lui ai posé la question suivante : pourquoi pratiquez-vous des prix aussi bas par rapport à vos collègues ? Il m’a répondu c’est une question de déontologie, je fais ce métier pour soigner mes patients, je veux qu’ils aient des prothèses de qualité à un prix raisonnable, cela ne m’empêche pas de rouler en voiture de sport.
Et cet auditeur enchaîne en disant : je dois ajouter que cet homme travaille environ 12h par jour, samedi compris et que sa clientèle est très satisfaite.
On enchaîne tout de suite avec Jean qui est prothésiste dentaire :
PROTHÉSISTE (Jean) :
Bonjour, cette loi c’est une première pierre à l’édifice, c’est indispensable pour la transparence, pour les patients, quant aux prix des prothèses vendues par les chirurgiens-dentistes, bon ils ne me choquent pas outre mesure parce que la prothèse dentaire restera chère. Le seul soucis, enfin les deux seuls soucis c’est qu’effectivement les patients doivent savoir d’où vient la prothèse et puis que les prothésistes dentaires français gagnent au moins correctement leur vie. Parce que tout a été chamboulai par cette prothèse venant de Chine qui a fait que les chirurgiens-dentistes sont tombés dans la facilité. Pourquoi payer 120 quand on peu acheter 30. Donc ce qui se passe, c’est que depuis 30 ans les étudiants en chirurgie dentaire, je suis bien placé pour le savoir car mon père était prof à la fac, ne font pas dentaire par passion mais font dentaire parce que au bout de 4 ans, des études très courtes, vous gagnez très très bien votre vie, très jeune. Donc qu’est-ce qui se passe, vous avez des prothèsistes dentaires, moi ça ne s’appelle pas des études mais pour avoir un bon niveau c’est entre 10 et 12 ans de formation.
J’ai à faire à de jeunes chirurgiens-dentistes qui ont fait ça que pour l’argent donc on ne peut pas s’entendre. C’est impossible. C’est monsieur vous me la vendez 60 euros ou 70 euros sinon je vais voir un autre laboratoire. Alors voilà comment ça se passe, on ne peut plus vivre, on ne peut plus vendre notre prothèse dentaire à un prix correct.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Voilà qui est bien résumé, Jean, et puis on vous sent passionné par votre métier, ça fait plaisir à entendre, je crois que vous vouliez attirer notre attention également sur les remboursements, c’est vrai que la question sur les remboursements revient incessamment.
PROTHÉSISTE (Jean) :
Il faut absolument séparer les deux professions. Il y a urgence, à ce que je sache, l’ophtalmo ne paye pas l’opticien, vous n’allez pas chercher vos lunettes chez l’ophtalmo et qui vous vend les lunettes 8 fois le prix qui l’a acheté à l’opticien.
C’est pareil entre le kiné et les médecins. Il faut arrêter ce scandale.
Il faut aller acheter sa prothèse dentaire chez le prothésiste dentaire qui aura affaire à un chirurgien-dentiste. Les choses seront beaucoup plus claires.
ANIMATRICE (Isabelle) :
C’est une très bonne comparaison que vous faites, Jean.
PROTHÉSISTE (Jean) :
C’est évident, si vous saviez, j’ai perdu un enfant et j’ai fait un infarctus. Voilà, c’est très simple. Pourquoi, parce que quand on ne dort pas de la nuit parce qu’on doit faire tel travail, je n’ai pas de carnet de rendez-vous moi, on me dit tu feras la prothèse pour tel jour à tel heure. Ce n’est pas moi qui décide.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Vous trouvez que votre métier est trop stressant ?
PROTHÉSISTE (Jean) :
Il est extrêmement stressant, c’est très difficile de pouvoir réaliser ce qu’on nous demande. C’est à dire quand j’ai rien à faire je ne gagne pas ma vie et puis le jour ou il y a un ??? faut absolument que je le fasse et je travaille 24h sur 24. C’est en fonction des vacances évidemment pas les miennes. Je ne suis pas à plaindre mais voilà ce qui se passe. Quand vous allez chez le garagiste, il vous dit voilà vous récupérer votre voiture tel jour à telle heure et ça coûtera tant.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Merci Jean pour ce témoignage.
Roland L’HERRON :
Oui je voudrais réagir quand même parce que le tableau apocalyptique qui nous a décrit là n’est pas la situation des prothésistes dentaires, dieu merci, c’est très bien comme ça, ils vivent très bien et on ne peut pas laisser dire ça. Quand vous comparez, monsieur, l’ophtalmo et l’histoire des lunettes chez l’opticien, vous parlez de vente, je vous ferais remarquer mais ça vous avez du mal à l’admettre qu’un chirurgien-dentiste ne vend pas une prothèse. Il a besoin d’un dispositif médical dans son traitement mais à ce que je sache, il travaille quand même aussi dans la bouche des gens, quand il fait tourner à 300 milles tours dans la bouche de quelqu’un à 2 mm de la joue et à 2 mm de la langue, ce n’est pas non plus vous qui le faites, c’est bien le praticien. Et de continuer de faire croire qu’un chirurgien-dentiste se contente d’acheter comme un marchand de costumes, des prothèses et de les revendre, ce n’est pas acceptable et on ne peut pas laisser continuer de laisser dire ça.
Maintenant, pour la dame tout à l’heure qui concerne la prothèse suédoise, c’est un élément très intéressant qu’elle a abordé là, parce que le tout est de savoir si le souci en France est la provenance de la prothèse ou la sécurité sanitaire.
Il y a des prothèses qui se feraient qu’en Suède, ce sont les céramo-céramiques, la céramique au lieu d’être cuite sur du métal, elle est cuite sur déjà de la céramique et il y a un effet esthétique plus important.
C’est un procédé suédois et les suédois n’ont pas souhaité que leur brevet sorte de chez eux. Ces prothèses sont fabriquées en Suède et là bizarrement personne ne nous parle de la Suède.
On nous parle de la Chine, de Madagascar, du Maroc mais interrogez-vous aussi sur la Suède.
Le but du chirurgien-dentiste, ce qu’il souhaite pour son patient, c’est comme lui qui garantie la sécurité de son patient, c’est d’avoir des normes, un circuit normal qui lui permettent d’avoir la garantie que sa prothèse est bien conforme aux données européennes.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Vous parlez de sécurité sanitaire, on a un mot parce que j’ai une personne qui patiente au téléphone. En un mot Florence IMBERT, quelle est la position de l’AFP SAS notamment l’agence française de la sécurité sanitaire sur toutes ces questions ?
Florence IMBERT :
En fait ils affirment que de toute façon il n’y a pas vraiment de gros problème et que grâce à la nouvelle loi et au fait que les fabricants et les importateurs devront se déclarer auprès de l’AFP SAS, les choses seront beaucoup plus claires et il y aura plus de transparence.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Alors dans cette émission, vous le savez, nous écoutons tous les points de vue et on essaye de débattre avec le plus d’impartialité possible. Je vous propose d’écouter après le témoignage du prothésiste dentaire, je vous propose d’écouter Alain qui lui est chirurgien-dentiste comme vous Rolland L’HERRON.
CHIRURGIEN-DENTISTE (Alain) :
Je suis près de Toulon.
Depuis 1979, j’ai démarré mon exercice en 1979, je dissocie mes frais d’honoraires des frais de laboratoire de prothèses.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Vous êtes peu à faire cela non ?
CHIRURGIEN-DENTISTE (Alain) :
Je ne sais pas, ce n’est pas mon problème, la France est une république, chacun fait comme il l’entend.
Mes honoraires sont libres et c’est un principe qu’il faut conserver aussi.
Alors ça c’est un gros principe, c’est un principe de transparence, pourquoi, parce que ce sont les patients qui nous font vivre, il faut que j’expose tous les éléments qui pourront faciliter mes rapports avec eux.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Donc vous le faites dans le but justement de satisfaire votre clientèle et d’avoir de bonnes relations avec vos patients ?
CHIRURGIEN-DENTISTE (Alain) :
Ainsi le patient me règle, il va me faire deux règlements, un règlement qui correspond à sa prothèse, le laboratoire édite ce qu’on appelle un certificat de conformité qui est individuelle sur lequel ne figure pas son nom mais figure un numéro pour conserver le secret médical évidemment.
Il règle ce bon de laboratoire directement au laboratoire et il va me régler séparément mes honoraires.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Si j’ai bien compris Alain, vous ne faites pas de marge sur le prix de la prothèse ?
CHIRURGIEN-DENTISTE (Alain) :
Bien sûr que si je fais une marge, si vous voulez le patient règle, par exemple pour une céramique le montant de sa prothèse coûte 120euros, il va faire un chèque de 120 euros au laboratoire et moi je lui ai fait un devis qui va disons entre 400 et 600 euros, ainsi le patient peut visualiser premièrement la base de remboursement ridicule de la caisse d’assurances maladie qui est de 75 euros alors que déjà le prix de sa prothèse pour une céramique coûte entre 120 et 200 euros.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Donc vous appliquez la loi depuis longtemps ?
CHIRURGIEN-DENTISTE (Alain) :
J’applique mes principes, la loi je m’en moque.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Vous n’avez pas de point de vue sur cette nouvelle réglementation ?
CHIRURGIEN-DENTISTE (Alain) :
Cette réglementation a dû être faite par des burocrates et on n’a pas consulter suffisamment à l’offre de la direction de la concurrence et de la répression des fraudes qui pourtant m’avait envoyé un courrier avec son avis, il y a le code de la consommation et il faut le respecter, pour moi ce n’est pas le fond du problème, le fond du problème c’est d’abord la prise en charge ridicule des prothèses dentaires en France, je viens de vous exposer que le montants des frais de laboratoire est supérieur à la prise en charge sauf pour les gens qui ont des gens qui ont des prises en charge spécifique, et la cotation ridicule des soins dentaires en France.
Sachez aujourd’hui, une cavité deux faces en France, la base de remboursement de la sécurité sociale est de 21,27euros , en Italie elle est de 77,29euros, en Allemagne de 42,38euros et au Portugal où le Smic est beaucoup plus faible qu’en France, elle est de 80,80 euros.
Il faut appliquer la tarification commune des actes médicaux, le confrère qui est responsable du syndicat sait ce que c’est. On nous fait languir depuis 5 ans avec ça, il faut environ surévaluer, réévaluer la cotation des actes de soins environ de 300%.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Je voudrais faire réagir mes invités sur ce qui s’est dit mais plutôt également sur cette manière de travailler, je vois qu’un autre dentiste nous a laissé un message, c’est une femme, elle s’appelle Pascale et elle nous dit : les prix sont affichés dans mon cabinet, 550 euros la céramique, je connais les matériaux et leur provenance, avant toute prothèse, je fais signé un devis dans lequel tout est expliqué, je reverse 1/3 à mon prothésiste.
Donc on a l’impression Alain Guillaume que même avant cette nouvelle réglementation, il y a un certain nombre de dentistes un peu partout en France qui pratiquaient aussi la transparence ?
Alain GUILLAUME :
Il y a des praticiens tout à fait loyaux, ils sont en grande majorité et je l’ai montré dans différentes études que l’on a publié, plus de 70% des praticiens achètent leurs prothèses aux bons tarifs en France peut être même un peu plus que 70%.Vu qu’il y a 70% des laboratoires en France qui vendent la prothèse au bon prix.
Le problème c’est les autres, il y a toujours des brebis galeuses dans une profession, c’est les autres qui font soit le forcing sur les prix pour avoir le plus de marges possibles…Je dis « marges » parce que cela ils prennent véritablement une « marge ».Le praticien qui s’exprimait tout à l’heure, a expliqué qu’en fonction du type de prothèse qui va vendre il va prendre pour lui soit 300, soit 400, soit 500euros alors que finalement c’est le même soin. D’ailleurs pour une couronne coulée il va prendre 300 euros la préparation est la même par contre pour une céramique il va prendre 500 euros et la préparation est la même. Il a dit lui-même qu’il prenait une marge mais ce n’est pas ça la problématique…
La problématique c’est que le patient, il a le droit d’avoir une prothèse qui tienne la route, il a le droit d’avoir le choix du matériau qu’il souhaite, qu’on ne lui fasse pas la culbute parce que l’on prend de l’or ou parce que l’on prend du tout céramique, vous en avez parlé tout à l’heure, qui vient de Suède et nous on en trouve bien sur ailleurs en France. On a des outils numériques qui permettent d’usiner ces matériaux et qui font de très belles choses notamment un zircone qui va bientôt être remboursé par la sécurité sociale. Le but du jeu serait que le praticien qui mérite bien son salaire, il n’y a pas de raisons, c’est un homme de l’heure il travaille qu’il présente sa facture : voilà moi j’ai mon expérience, j’ai mes diplômes, j’ai fais des stages, j’ai été faire des stages implant.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Juste une petite question qui a légèrement été abordée par un auditeur, qu’en pense justement la répression des fraudes ? Le centre de la consommation nationale s’intéresse justement à cette affaire ?
Rolland L’HERRON :
Bien sur mais dans la méthode expliquée tout à l’heure par le confrère, il faut quand même savoir qu’un chirurgien-dentiste est responsable de son acte y compris de la prothèse qu’il pose, c’est lui qui est le responsable même si le fabricant est prothésiste à charge de se retourner contre le prothésiste si un jour il y a un problème de contentieux. La responsabilité elle est claire, elle est bien là…mais maintenant pour ce qui concerne la répression des fraudes, je ne suis pas sûre mais par exemple sur l’affichage obligatoire dans les cabinets, il peut y a voir…
Alain GUILLAUME :
Ils ont parlé d’une réunion très prochaine pour justement examiner les nouvelles dispositions qui sont comme ils le disent d’ores et déjà applicable et en particulier l’intérêt et le contenu éventuel du devis.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Il nous reste une dizaine de minutes avant de se quitter, je voudrai savoir si on peut espérer vous mettre d’accord ou pas dans les mois qu’ils viennent?
Alain GUILLAUME :
je pense que ça va se faire parce que tout le monde y a intérêt, il y a de très bons praticiens qui méritent largement leurs honoraires. Ce que l’on voudrait éviter justement c’est des praticiens qui dit compensait les soins qui sont mal remboursés, finalement compense sur la prothèse mais ne fasse pas correctement les soins derrière, c’est réprimant.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Rolland L’herron, est ce qu’un jour on vous mettra d’accord ou non ?
Rolland L’HERRON :
Mais vous savez il y a un conseil de l’ordre, il est là aussi pour ça et le pacte des mesures c’est lui qui en ait le garant, les patients qui trouvent que les honoraires sont excessifs peuvent toujours s’adresser au conseil de l’ordre.Ça fait partie du code de la santé et les honoraires doivent êtres pratiqués avec tact et mesures. Maintenant pour se mettre d’accord il ne faut quand même pas que l’on se quitte sans savoir où en sont les choses. On attend donc pour la partie traçabilité, on tient déjà à la disposition des patients, la fiche de traçabilité depuis 11 ans ; le 23 Mars2010 au plus tard le certificat de conformité
sera délivré aux patients, il suffit qu’il y ait un décret.
Il ne faut quand même pas qu’on se quitte sans se mettre d’accord sur une chose, la loi nous dit maintenant vous allez devoir marquer le prix des commandes, le coût d’achat des prothèses, ça va être fait mais la loi dit aussi que l’on affichera le coût d’achat des prothèses et les prestations associées.
Les prestations associées, c’est quoi ?c’est le coût du plateau technique comme dans une clinique ou comme dans l’hôpital que vous disiez tout à l’heure et donc on va prendre exemple sur une prothèse d’une céramique 500euros, achetée 500euros et bien on va mettre coût d’achat de la prothèse 100euros sachant que les cabinets dentaires chacun fera son calcul, on entre 75 et 50% de frais à chaque prothèse (500-100)il reste 400 et prenons 50% pour simplifier le résonnement à l’antenne, ça fait 200 et il restera donc 200euros de bénéfices.
ANIMATRICE (Isabelle) :
On a compris que vous étiez d’accord quand même sur un certain nombre de points et que vous étiez prêts à avancer.On va conclure avec une jeune dentiste, on va ouvrir vers l’avenir avec la jeunesse, la nouvelle relève elle s’appelle Julie.
Bonjour Julie, vous exercer votre métier depuis quand ?
DENTISTE (Julie) :
Alors moi je suis installée ça va faire 3 ans au mois de Janvier
ANIMATRICE (Isabelle) :
Alors votre avis, c’est vous qui concluiez l’émission ?
DENTISTE (Julie) :
Pour les choses en ce qui concerne les prothésistes, je ne sais pas pourquoi il y a un débat ça me paraît simple. Il y a du personnel qui est formé en France qui est bien formé qu’on a à notre disposition avec qui on peut communiquer, échanger et je ne comprends même pas que des praticiens fassent exporter leurs travaux au Maroc, au Vietnam ou que sais je.
Il y a un truc c’est qu »il faudrait peut être développer dès la formation en fac pour nous, les travaux avec les élèves prothésistes en faite il faudrait que ça soit plus mis en relation. La deuxième chose c’est qu’au niveau éthique du praticien alors c’est clair que c’est pas le Président de la CNSD qui va me contredire, mais le problème c’est qui a de plus en plus quand même et ce dans la nouvelle génération ça se fait sentir, un problème avec l’éthique et la déontologie ça ne se met pas du tout au niveau de la qualité du travail parce que je pense que les gens savent tout à fait qu’ils faut travailler correctement et que c’est dans le respect du patient, je suis entièrement d’accord
Moi ça me pose un problème au niveau de la notion d’argent, en fait ça se fait insidieusement à la fac où vous voyait les profs arrivés en belles voitures de sport et tout ça….c’est pas le problème qui ne faut pas avoir de voiture de sport c’est que ça donne une image aux jeunes praticiens que c’est vers ça qui faut tendre et changer de BMW tout les 3 ans voilà c’est vers ça qu’il faut tendre et que si on tend vers ça faut sortir la planche à billet faut que ça s’use derrière et faut que ça rentre. Vous doublez là dessus les courants de marketing qui se développe de plus en plus dans notre profession c’est à dire que vous vous faites approcher par des cabinets de consultants en management qui reprenne toute votre activité et qui vous dise « là ça ne va plus du tout »faut que vous fassiez 5 blanchiments par jour, 5 couronnes par jour mais ce n’est pas dans ces termes là que ça se pose mais plutôt de quoi à besoin mon patient et pas de combien il faut que j’ai sortie à la journée pour pouvoir correctement gagner ma vie.
ANIMATRICE (Isabelle) :
Elles sont belles les études ?en tout cas merci beaucoup Julie pour toutes ces informations ça nous permet de terminer effectivement avec cette idée que dans l’enseignement dentaire on oriente un peu plus vers le commercial et moins vers la santé enfin bon on ne veut pas caricaturer non plus pour conclure.Merci beaucoup à Julie pour ce témoignage ; on va se quitter en musique.
LETTRE OUVERTE À M. COUZINOU PRÉSIDENT DU CNO, SUR LA COMPTABILITÉ DE L’ORDRE
Monsieur le Président, mon cher confrère,
La mission de tous les organes de l’Ordre est de veiller au maintien des principes de moralité, de probité, de compétence et de dévouement indispensables à l’exercice de notre profession ainsi que d’assurer la défense de l’honneur et de l’indépendance de la profession.
L’Inspection générale des affaires sociales a affirmé que la fonction ordinale est bénévole. Pourtant, nous avons appris qu’au conseil national, nos représentants touchaient entre 400 et 550 € d’indemnités nets d’impôts, bien que la presque totalité des membres sont à la retraite et donc ne subissent pas de perte de revenus pouvant justifier les sommes qui leur sont versées.
La grande majorité des conseillers départementaux, qui ont une fonction équivalente à celle des membres du conseil national, est totalement bénévole et ne perçoit aucune indemnité de quelle que nature qu’elle soit. Cette disparité ne paraît pas justifiée. Dentistes Solidaires et Indépendants est totalement favorable au versement d’une compensation financière de nos élus, qu’ils soient départementaux, régionaux ou nationaux, sous certaines conditions.
Dans un but d’équilibre, la loi BACHELOT (Hôpital, patients, santé et territoires) avait prévu d’établir un « statut de l’élu ordinal ». Adoptée par l’Assemblée nationale, cette résolution a été rejetée par le Sénat et définitivement évincée par la Commission mixte paritaire. Notre syndicat essaye d’en comprendre les motifs en interpellant certains de nos parlementaires.
Avant de faire des propositions concrètes au pouvoir réglementaire, notre syndicat a réclamé à certains conseils départementaux une copie de leur comptabilité afin d’établir un état des lieux et de comprendre leur fonctionnement. C’est ainsi que nous avons saisi des départements représentatifs : 75, 76, 69, 44 et 80. Aucun d’entre eux n’a cru bon faire droit à notre demande.
Nous avons aussi demandé au conseil national, le 20 octobre dernier, le détail de sa comptabilité 2006 (P.J.). Notre lettre est restée sans réponse. Nous ne comprenons pas cette réaction car l’Ordre est le bien de toute la profession. Tout ce qui s’y passe devrait être transparent et connu de tous.
Nombre de vos amis m’ont affirmé que vous étiez un homme d’honneur, honnête, intègre et désintéressé. C’est pourquoi, je m’adresse à vous car nous sommes certains que vous prendrez à cœur ce problème et que vous répondrez favorablement à notre demande de transmission d’une copie précise, détaillée, explicite et loyale de tous vos postes dépenses 2006.
Vous pourriez-vous aussi nous indiquer le nombre de vos ordinaux exerçant dans un cabinet et le nombre de jours de travail en qualité de chirurgien-dentiste ainsi que le nombre d’ordinaux à la retraite ou n’exerçant pas ou plus. Si certains d’entre eux bénéficient d’indemnités financières, nous vous remercions de nous indiquer pour chacun le montant annuel des attributions pour l’année 2006 nous servant de référence.
Je demeure certain que vous nous apporterez spontanément une réponse favorable.
Dans l’attente de votre réponse que nous transmettrons à toute la profession afin qu’il n’y ait aucun doute sur la probité des membres du conseil national, je vous prie de croire, Monsieur le Président, mon cher confrère, en l’expression de mes salutations confraternelles les meilleures.
Philippe Rudyard BESSIS
Président de DSI
P.S. : À ce jour, aucune réponse n’a été apportée à notre demande. DSI a saisi la CADA.
le mensuel CAPITAL : ENCORE DES ALLÉGATIONS MENSONGÈRES SUR NOTRE PROFESSION
En qualité de président de DSI, j’ai été obligé de répondre à un article mettant en cause la probité de notre profession. Opérant par des affirmations générales, l’article dénoncé soutient que « les dentistes » font 20% de chiffre d’affaires « au noir » et posent des céramiques avec « des traces de plomb ».
Trop, c’est trop. Cette méthode de dénigrement peu honorable (parce que l’on ne peut pas obtenir un droit de réponse forcé eu égard à la jurisprudence de la Cour de cassation qui refuse ce droit lorsque toute une profession est touchée mais qui l’accorde si une personne est nominativement concernée)) n’est pas digne d’un journalisme de qualité.
En attendant, voici la lettre qui leur a été adressée par DSI.
Rudyard BESSIS
Président de DSI