le mensuel CAPITAL : ENCORE DES ALLÉGATIONS MENSONGÈRES SUR NOTRE PROFESSION
En qualité de président de DSI, j’ai été obligé de répondre à un article mettant en cause la probité de notre profession. Opérant par des affirmations générales, l’article dénoncé soutient que « les dentistes » font 20% de chiffre d’affaires « au noir » et posent des céramiques avec « des traces de plomb ».
Trop, c’est trop. Cette méthode de dénigrement peu honorable (parce que l’on ne peut pas obtenir un droit de réponse forcé eu égard à la jurisprudence de la Cour de cassation qui refuse ce droit lorsque toute une profession est touchée mais qui l’accorde si une personne est nominativement concernée)) n’est pas digne d’un journalisme de qualité.
En attendant, voici la lettre qui leur a été adressée par DSI.
Rudyard BESSIS
Président de DSI
Etienne Gingembre
Journaliste à Capital
LD 01 56 99 48 96
à l¹attention de M. Rudyard Bessis,
Président de DSI
Paris, le 10 décembre 2009
Monsieur le président,
Je fais suite (avec beaucoup de retard et vous voudrez bien m’en excuser) à votre courrier du 29 octobre et à la longue conversation téléphonique que nous avons eue.
Je ne doute pas que vos adhérents adoptent, à l¹égard du fisc, un comportement sans aucun rapport avec ce qui est décrit dans l’article que nous avons publié dans le cadre de ce dossier sur l¹argent noir. Aucun élément ne nous permettrait, en tout état de cause, de douter de leur probité.
Cependant, notre enquête est rigoureuse et nous avons pu vérifier tout ce que nous avons écrit. C¹est à moi même que les paiements évoqués dans cet article ont été réclamés en espèces. Depuis, ma femme a entrepris des travaux dentaires extrêmement lourds. Son dentiste lui a demandé de payer la totalité en espèces, soit un peu plus de 22 000 euros… Vous pouvez évidemment mentionner cet exemple.
Pour autant, nous n’avons pas prétendu que les praticiens dont nous avons décrit la fraude fiscale étaient représentatifs de l’ensemble de la profession. Mais les pourcentages de fraude que nous avons cité correspondent à des estimations qui nous ont été fournies par les vérificateurs du fisc. J¹ai personnellement consulté quatre brigades parisiennes et une brigade de la région Poitou-Charentes qui n¹ont bien sûr pas pu se concerter. Leurs estimations concordaient, ce pour la plupart des professions, dont la vôtre. Enfin, leur méthodologie ne relève en rien du doigt mouillé, car leurs statistiques sont basées le résultat des vérifications réalisées au cours des trois dernières années.
Je comprends bien que les conclusions de cet article vous aient un peu désappointé. J’ai malheureusement peur qu¹elles soient fidèles à la réalité.
Veuillez agréer, Monsieur le président, l’expression de mes salutations les plus cordiales.
Etienne Gingembre
Plusieurs erreurs sont commises dans l’analyse :
1. Pour l’exemple de l’épouse : Le travail au noir est un travail sans facture. Payer en espèces ne veut pas dire travail au noir. Il aurait fallu savoir si une feuille de sécurité sociale et une facture ont été ou pas délivrées.
2. À supposer qu’il soit réel et qu’il s’agisse du travail au noir, un exemple personnel n’est jamais bon à mettre pour la crédibilité de ce que l’on écrit. Cela fait « revanchard ». De plus, un exemple n’est pas significatif de toute la profession, si par extraordinaire il s’agissait vraiment de travail au noir. L’exception n’est pas la règle.
3. Avoir un redressement fiscal n’a aucun rapport avec le travail au noir. J’ai eu deux contrôles fiscaux et deux redressements (de pacotille) sur mes frais. Cela n’a aucun rapport avec le travail au noir qui mène en correctionnel si la fraude est intentionnelle (comme cela est décrit).
Rudyard BESSIS
Président DSI